Restaurant

La grande histoire d’un petit bistro sympa…

Comme un trésor enfoui en plein cœur du Faubourg St-Jean , un véritable secret bien gardé … l'histoire du Hobbit.

Ce petit bistro sympathique et sans prétention de la rue St-Jean, est à l'image du personnage de Tolkien. Malgré la hauteur de ses trois pommes, ìl porte en lui toute la grandeur d’une histoire dont l’écho se fait entendre encore aujourd’hui au moment du café.  

   

Au fil du temps, il est devenu l'endroit où les plaisirs de la table se conjuguent  à une ambiance digne d’un chez-soi chaleureux et agréable. Mais attention,  derrière ce visage familier et son air avenant, se tapient, entre les pierres de cette vieille maison, des fantômes qui animent,  encore  aujourd’hui, ce petit  je ne sais quoi  qui fait du Hobbit un lieu à part.

1843-1844

L'ancêtre du Hobbit...Un patriote britannique

L’acquisition du cadastre situé à l'intersection des rues St-Jean et de la côte Ste-Geneviève a été concédée au milieu du 19e siècle à un certain John Heath.  Il y fait construire  une maison de bois probablement détruite par l’incendie qui ravagea le Faubourg St-Jean Baptiste  le 28 mai 1845. L’année suivante,  Monsieur Heath fait construire une nouvelle maison, cette fois en pierre, sur deux étages et demi avec un toit à deux versants.  C’est cette même maison qui abrite aujourd'hui le Hobbit.

Ce premier fantôme est issu de la période de la Rébellion de 1837-1839 à laquelle il fut intimement lié.  Né à Londres en 1813, ce britannique, arrive au Canada à l’âge de trois ans,  orphelin.  Il est recueilli par la famille de François Bâcon de Québec.  Son éducation lui permettra d'accéder à la profession de notaire en novembre 1834.  Durant les quatre années qui suvirent, il délaissa peu à peu sa profession pour soutenir la cause des Patriotes où il s’illustra en s’impliquant activement dans l’évasion de deux américains incarcérés à la Citadelle de Québec.

C’est grâce à l’assistance de John Heath que Alexander Theller et William Dodge, accusés d’avoir participé à la rébellion dans le Haut-Canada, vont  réussir à s’échapper et rejoindre la frontière américaine.  

À son retour au Canada, Heath sera pourchassé par la police ce qui l'amènera à se cacher en forêt à proximité de  Québec jusqu'à la proclamation de l’amnistie pour les rebelles.  

Au suivant… les fantômes

1862

John Heath vend sa mason à Louis Tanguay,  sellier de son métier. Au fil des années,  propriétaires et locataires de la maison se succéderont. Déjà à cette époque, la vocation commerciale de la maison commence à se dessiner.  Une partie est d’abord louée à F.E. Gauvreau et frères, une pharmacie installée jusqu'en 1871. Quarante ans plus tard, c’est Alfred Jolicoeur qui achète la pharmacie.  

Le temps passe et de nombreux commerces se relaient.  On pense notamment à JosTabac Litée et au quincaillier Edgar Delorme.  Après dix-huit ans d’existence, la quincaillerie ferme ses portes et cèdera la maison à Beshoro et Frères, spécialisé dans la confection pour dames.

1936

La maison compte parmi ses locataires un nouveau venu : le Magasin aux mille cravates dont les activités sont dirigées par Fernando Gauvin qui devient propriétaire de la maison en 1948.  Incapable de payer son hypothèque, il sera contraint de céder la maison au Trust Général du Canada en mars 1969.  Le bâtiment sera laissé à l'abandon et menacé de tomber entre les mains des spéculateurs de l’époque.  C’est en 1975 que le 700 rue St-Jean sera sauvé des ruines avec la naissance encore

 hasardeuse et difficile du Café-Théâtre le Hobbit.  

Café-Théâtre le Hobbit… Une improbable naissance

1975

La vieille maison de pierre sise au 700 rue St-Jean est abandonnée et destinée à la démolition pour faire place à une tour de vingt-cinq étages.

   

10 mars 1976

Les ouvriers et artisans du voisinage se mobilisent pour aider deux artistes : Marc Paradis et son partenaire, Éric Duchesne.  

L'objectif : réaliser leur projet, plus qu’ambitieux, d'aménager un café-théâtre sur les ruines d’un vieux magasin de cravates. Malgré l’inéluctable sort réservé à la maison, nos deux troubadours obtiennent une entente leur permettant d’exploiter le rez-de-chaussée de la maison.

15 octobre 1976

Un mois avant le célèbre 15 novembre qui porta pour la première fois les souverainistes du Parti Québécois au pouvoir,  le Hobbit ouvrait ses portes à tous les amateurs de théâtre, proposant la plus récente des œuvres du poète Michel Garneau, Les célébrations, interprétée par deux jeunes comédiens, Léo Munger et Normand Lévesque.

C’était le début d’une aventure qui allait contribuer à mettre à l’avant-scène des centaines de jeunes artistes muselés dans un marché réservé presque exclusivement aux auteurs classiques. Entre 1976 et 1981,  plusieurs manifestations artistiques et pièces de théâtre seront produites sur les planches du Hobbit, un  véritable tremplin pour la relève.

Automne 1977 

Danielle Bissonnette, Léo Munger et Manon Lavallée conçoivent et réalisent:   Le fleuve au cœur .  Cette pièce,  est considérée comme une des premières du théâtre féministe québécois à aborder la thématique du viol. Toujours la même année, le Théâtre de la Bordée, fraîchement sorti du conservatoire,  foule les planches du Hobbit  et présente "La dépression d’Isabelle H"  interprété par Johanne Hémond et Germain Houde.  

1980

Toujours au Café-théâtre Le Hobbit,  Robert Lepage et Richard Frenette, deux jeunes comédiens méconnus,  incarnent deux jeunes chauffeurs  de taxi aux prises avec les dangers insoupçonnés de leur métier.

C’est ainsi qu’au travers des expositions de photos,  des ¨One man show¨ et différentes manifestations artistiques, le Hobbit a d'abord fait la promotion du théâtre d’ici entre deux croques-monsieurs et un espresso.  Pas étonnant que vous entendiez toujours vibrer aujourd’hui, autour du même espresso,  l’écho de tous ces fantômes qui rêvaient un jour de refaire le monde.